L’AVENTURE DES COUCHES LAVABLES

Salut les truites cendrées. Vous avez un bébé ? ça tombe bien, moi aussi. Et je vais vous raconter comment on s’est lancés dans l’aventure des couches lavables.

Déjà, pour les plus de 50 ans, il faut savoir qu’on est loin des couches lavables d’antan avec langes et épingles à nourrice. Non pas que je dise que tu es un ancêtre, mais simplement qu’en peu de temps les matières ont bien évolué. On se retrouve avec des choses bien pratiques, qui sèchent vite, et qui se lavent facilement en machine. Joie ! Sans parler du côté écolo et économique, bien sûr.

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Les couches lavables sur le podium

Je te laisse jeter un coup d’oeil sur cette infographie bien renseignée qui montre que, OUI, les couches lavables sont bien plus écologiques que les jetables.

Si tu n’as pas le temps, en voici un petit récap :

  • 2,8x moins de déchets produits pour la création et l’utilisation d’une couche lavable

  • Presque 6x moins de CO2 émis pour la fabrication des couches lavables

  • Le bémol : 31 700L d’eau nécessaires pour les couches lavables (sur 2 ans 1/2), mais qui peuvent être réduits par 2 à condition de laver à 40º et de faire sécher à l’air libre, ou de choisir de la microfibre ou du coton bio.

  • Les couches lavables sont 2 à 3x moins chères à l’achat que les jetables

  • Des composants nocifs, allergisants et irritants pour les couches jetables (traces de glyphosate par exemple !), et des matériaux plus naturels ou certifiés oeko-tex pour les lavables

En gros : une couche lavable c’est plus de manipulations et d’entretien, mais c’est meilleur pour la planète, pour la santé du bébé, et c’est bien moins cher ! Ça vaut donc largement le coup de prendre de bonnes nouvelles habitudes. Et on en trouve des très simples d’utilisation.

Comment choisir ses couches lavables ?

J’ai passé des heures sur internet à essayer de trouver LA marque parfaite. Et franchement ça m’a désespérée. Chacun vante les mérites de ses couches, on lit de tout et n’importe quoi sur les forums, et surtout on trouve beaucoup de gens qui galèrent, ce qui n’aide pas à se rassurer...

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Avec toutes mes recherches, j’avais les Hamac, Bambino Mio et les culottes de laine Disana en tête de liste. J’étais quand même tétanisée à l’idée de me lancer. Je me faisais une montagne du truc. Alors histoire de faire un premier pas, on est d’abord allés à un RDV les p’tits culottés de l’asso zéro déchet Lyon, qui nous a permis de poser nos questions, voir les couches en vrai, et rassurer mon conjoint qui n’avait pas forcément la motivation pour se lancer. Si aucune asso ne fait ça près de chez toi, essaye de demander de l’aide à une famille qui en utilise.

On a ensuite testé différentes marques, à la maison. Il est possible de louer un kit de couches lavables pour 3 semaines sur rebelle de nature ou locacouche par exemple, pour environ 40€, en échange d’une caution. L’avantage est que l’on teste les modèles et les différents systèmes d’attache, et que l’on voit très vite ce qui convient le mieux. Le seul bémol est qu’il faut rendre les couches propres, et que personnellement j’ai bien flippé à chaque fois qu’il y avait une tache sur les inserts (ha, le caca jaune et gras des nourrissons… fatal), surtout qu’il n’y avait aucun mode d’emploi avec les couches ! J’ai finalement rapidement compris l’utilité du voile en micropolaire pour protéger les inserts.

On a loué le kit de couches lavables “pour tout essayer” sur rebelle de nature, en précisant que l’on ne voulait pas de TE3 (tout-en-trois, c’est à dire une couche imperméable, un hamac imperméable et un insert qui se glisse dans le hamac) qui nous semblait trop fastidieux et long à manipuler. L’avantage est que l’on discute directement avec le loueur et que l’on peut faire des kits adaptés, il y en a même pour les jumeaux !


Bilan de la location ?

On s’est rendu compte que les Hamac (dont on nous avait tellement venté les mérites) fuyaient sur notre bébé, et que la plupart des couches de nuit faisaient un cul énorme au bébé à tel point qu’il avait les fesses plus hautes que la tête en dormant ! On n’a pas du tout aimé non plus les systèmes d’accroche à boutons pression, qui sont toujours -pour nous- trop ou pas assez serrés ; surtout qu’avant ou après manger la taille du ventre du bébé change pas mal. Les bambino mio TE1 mettaient bien trop de temps à sécher sur le fil (plus de 3 jours), et j’avais abandonné l’idée des couches de laine après la réunion, rien qu’en nous imaginant attacher le lange atour des reins d’un bébé qui gigote. Mais on a trouvé nos couches parfaites. OUF !

Nos couches lavables idéales

Les grandes gagnantes de ce test ont été pour nous les Pop-in V2 de la marque Close Parents. Pourquoi on les aime ?

  • Elles sont évolutives, c’est à dire qu’on peut les utiliser de la naissance à la propreté, et que l’on n’a pas le stress de devoir en racheter tous les 3 mois

  • Elles sont hyper simples à utiliser, et ce n’est pas une contrainte pour mon conjoint (oui, il n’était pas hyper motivé à la base)

  • Elles ont des scratchs pour bien s’adapter à la taille du ventre du mouflon

  • Elles ne font pas un trop gros cul et on peut donc les mettre sous les bodies

  • Elles sont en matières naturelles, avec des inserts en bambou et coton (la culotte est en polyester pour être imperméable)

  • Elles sèchent vite

  • Les inserts se clipsent à l’intérieur facilement, et il y a des protections pour que les scratchs n’arrachent pas tout en passant à la machine

  • C’est une marque anglaise (mais fabriquées en Chine)

  • Elles sont utilisables de jour comme de nuit avec un booster spécial et on n’a pas de fuite même après 12h de sommeil

  • Elles sont jolies, ça compte aussi !

  • On en trouve souvent d’occasion sur Vinted mais je vous conseille d’en prendre des quasi neuves sur ce site, parce que les scratchs s’abiment avec le temps.

Je crois que j’ai tout dit.


Se lancer dans les couches lavables

Nous avons commencé aux 3 mois du dindon. Parce qu’on n’avait pas envie de s’embêter au début, lorsqu’il était nouveau-né, et que ça nous paraissait trop contraignant au début. C’est vrai qu’on a besoin de repos les premiers mois et que faire des lessives quand on n’a déjà pas le temps de manger n’est pas la meilleure idée du monde.

On a acheté 16 couches au total, avec leurs 16 inserts, et 3 boosters de nuit. On n’a pas de sèche-linge, mais avec un sèche-linge on peut descendre à 6 couches sans problème, à condition de faire des machines tous les jours. Ce n’est pas franchement la solution la plus écologique, mais c’est moins cher à l’achat, et moins fatiguant sûrement.
Pour un roulement en séchage à l’air libre il faut compter environ 5 couches par jour (+2 propres en stock), 5 qui sèchent, et 3 sales. Je vous avoue qu’à la rentrée on va quand même investir dans un sèche linge pour faire moins souvent de lessives, pour que les inserts soient secs plus vite et surtout plus doux. Parce que je passe ma vie à étendre et ranger le linge et à frotter les inserts rèches pour qu’ils soient plus doux, c’est très chiant.

Sur Vinted, j’ai acheté 11 couches usagées et 5 couches neuves, et j’en ai eu pour 200€. Mais je me retrouve avec 5 couches qui ne sont plus imperméables ou aux scratchs trop vieux, donc je pense en racheter 3 ou 4 neuves à la place. Niveau budget, c’est franchement pas cher dans tous les cas.

Les pop-in (comme d’autres marques) se présentent comme cela : une couche extérieure en matière synthétique imperméable imprimée, et deux inserts en bambou et coton qui se clipsent l’un à l’autre.

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Une fois clipsée, et fermée, ça ne bouge pas. On déclipse l’intérieur après le dirty business et on le lave.

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Les couches sont évolutives grâce à des boutons pression, pour grandir avec le bébé.


Comment utiliser les couches lavables

Une fois souillées, je les laisse à sec dans une bassine, et on les lave tous les 2 jours. On peut aussi mettre les inserts dans de l’eau avec 3 gouttes d’huile essentielle de tea tree qui sont anti-bactériennes. Il faut bien détacher les inserts de la couche (= la coque extérieure imperméable), ni laisser les couches imperméables dans l’eau pour ne pas que la couche perde de son imperméabilité. Si la couche est plutôt sèche après un pipi, je la réutilise avec en y clipsant des inserts propres.

Pour le lavage des selles, on utilise le jet de douche puissant (style karcher) pour enlever les résidus du caca de nourrisson allaité, qui se décollent très facilement. Une fois qu’il commence la diversification, on rajoute un voile en cellulose sur l’insert pour receuillir les selles et éviter les taches. Mais on peut s’en passer et jeter la chose directement aux toilettes. Pour nettoyer les taches qui restent, il faut frotter du savon détachant sur l’insert humide comme on passerait une gomme sur du papier (rapidement, pas besoin de laver ni rincer), avant de passer en machine.

Mais sincèrement, vous trouverez la routine qui vous convient le mieux avec un peu d’expérience.

Il faut un cycle court de 30min à 30º pour les rincer, puis un long de 1h30 ou 2h à 40º, dans lequel on peut rajouter les autres vêtements (puisque les couches sont rincées). On peut aussi laver 1x par mois les inserts à 60º, mais jamais les couches ou les matières synthétiques.
On n’est pas encore au top avec cette routine parce que je ne suis pas satisfaite de la lessive en poudre que l’on trouve en vrac, qui ne nettoie pas bien et qui laisse une odeur d’ammoniaque. J’ai testé de la lessive écologique liquide et ça me semble bien plus efficace.
Pour enlever les taches ou décrasser des couches qui sentent fort, il faut les faire tremper 4h avec 3 cuillères à soupe de percarbonate de soude (ça marche aussi pour le linge normal ou blanc, tu peux lire mes conseils sur mon post de recette de lessive en poudre). Le mieux est de suivre la routine de lavage donnée dans les fichiers des groupes facebook dédiés : accros aux couches lavables et couches lavables au naturel.

En voyage

  • Dans mon sac à langer pour la journée, j’emporte 2 sets d’inserts et une couche, avec 2 lingettes lavables en coton (que j’ai cousues moi-même dans du coton éponge bi-face) dans une trousse de toilette. Pour les couches sales, j’ai une grosse trousse molle et imperméable, dans laquelle je glisse un zip-lock dedans (sac de congélation). Je mets les inserts dans le zip-lock et la couche dans le sac. J’ai aussi 2 ou 3 couches jetables de la marque love & green qu’on avait achetées sur vente-privée (ils font souvent des promos !). On en trouve aussi sur vinted, vraiment pas chères, et ce sont les moins pires des couches jetables.

  • Pour les weekends ou les voyages courts, on emporte des couches jetables. C’est trop compliqué de ramener tout son set de lavables car elles prennent beaucoup de place.
    Pour les grandes vacances, j’ai emporté 5 couches et 10 inserts, que je lave pratiquement tous les jours, séchées au sèche-linge. C’était la solution pour prendre le moins de place possible mais avoir de quoi tenir, en alternance avec des jetables si besoin.

  • Pour la plage, on a un maillot Best Bottom diapers, qui est comme une couche, mais sans inserts. Il est lavable et retient les selles au cas où. C’est le top !

Comme pour tout, il faut savoir être flexible, et garder des couches jetables sous le coude au cas où. En voyage, si le bébé est trop malade ou si on est trop fatigué(e). Ne vous en faites pas tout un fromage, et restez zen ! Ce n’est finalement vraiment pas compliqué à condition d’avoir des couches faciles à l’emploi, qui ne demandent pas 12 inserts et 3000 manipulations. Nous on adore les pop-in v2 et on verra si elles tiennent jusqu’à la propreté. Jusqu’ici, tout roule !