DEVENIR ÉCOLOGOÏSTE

Il est difficile de savoir à quel moment l'on devient écolo; c'est un peu comme se demander à quel moment l'on devient féministe. Il est plus facile d'expliquer comment on en est arrivé là : l'éducation, les rencontres, les voyages, le lieu de vie, peuvent créer un terreau favorable (notez le clin d'oeil). Il est d'ailleurs souvent impossible de savoir précisément à quel âge ou pourquoi une graine a germé dans notre tête en faveur de l'écologie. Et peu importe si elle a germé très tôt ou très tard, tant qu'elle porte ses fruits !

Le déclic, quant à lui, est identifiable et datable. On me demande souvent comment j'en suis arrivée là. Je raconte cette histoire du haze à Singapour (photo ci-dessous) : lorsque j'habitais là-bas de 2011 à 2013, la ville était régulièrement plongée dans un épais brouillard toxique lié aux feux de forêt en Indonésie, dont les cendres et les fumées volaient sur Singapour. Les écoles fermaient, les personnes fragiles devaient rester à la maison, on portait des masques pendant des mois.

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La forêt primaire brûlait pour laisser place à des plantations de palmiers à huile. La forêt brûlait pour nos barres au chocolat, nos dentifrices, nos savons, nos céréales du matin. Alors, en toute logique, parce que j'étais tellement furieuse de me sentir impuissante, j'ai arrêté de consommer ces produits à base d'huile de palme. Pour me donner bonne conscience d'abord, et parce que j'estime que l'on n'a pas le droit de se plaindre si l'on ne fait rien pour que ça change. À la tête des plus grosses entreprises productrices d'huile de palme, j'avais envie que les Singapouriens réalisent qu'ils alimentaient le feu qui les dévoraient. Bon, j'étais toute seule avec mon pauvre masque à dire "boycott palm-oil" mais bon, il faut bien commencer quelque part. En arrivant à Lyon, j'ai décrypté les étiquettes des produits chez Monoprix, pour finalement ne plus rien acheter d'emballé, et devenir zéro déchet. En d'autres termes, consommer en pleine conscience; ouvrir les yeux sur les dessous de notre mode de consommation. Du téléphone aux vêtements en passant par l'élevage intensif, le bio et le liniment maison. Sans oublier le plastique, qui n'est vraiment pas si fantastique.

Ce qui compte vraiment, c'est ce passage à l'action. Ce moment où l'on décide de faire quelque chose. De transformer une pensée négative en action positive. Il est toujours plus efficace d'agir pour, que d'agir contre. Face à notre avenir incertain sur cette planète, même si tout ne changera pas pour le mieux, on peut au moins se donner bonne conscience en agissant, et avoir un impact écologique sur le monde. Devenir "écologoïste" fait tellement de bien. Quel soulagement, quel bonheur d'être enfin alignée avec ses convictions !

Peu importe que l'on décide "seulement" de ne plus manger de viande, de choisir des produits bio, de réduire ses achats compulsifs, de manger de saison. On ne peut pas agir sur tous les fronts, être parfait dans tout. Mais on peut se faire plaisir et donner du sens à sa vie (en y mettant de la po-é-sie).

Alors faites-le pour vous. Pour vous faire du bien. Pour être en meilleure santé, pour pouvoir dire plus tard à vos enfants que vous avez essayé, pour tester des masques maison aux ingrédients chelou, pour faire des économies, pour contaminer les autres au bicarbonate de soude. À vous voir si heureux, vous ferez germer de nouvelles graines dans la tête des gens. Devenez #écologoïstes.

Comme le disait feu Michael, take a look at yourself and make that change. Vas-y Franky, c’est bon !